Rockomotives 2011 - 20e édition

KARKWA



Paf, on demande l’exil politique pour cause de mauvaises notes au Bac L.

On se rend parfois compte des inégalités de territoires. Karkwa est roi dans son pays et pourtant tous leurs disques sont merveilleux. S’ils étaient Français, ils devraient se taper la tournée des Enfoirés. Chez eux ils sont amenés à faire la première partie d’Arcade Fire ou des The National. Nous n’avons aucune culture du rock et sommes persuadés d’être au dessus de tout le monde quand à la langue. Même nos chansonniers avec de l’ambition stylistique comme Arnaud Fleurent Didier se heurte au prisme du ridicule. A vouloir se dédouaner des pères fondateurs de la grande chanson tout en amenant la verve comme leitmotiv d’écriture, nous arrivons à des accidents industriels. Rassurez vous il doit y en avoir aussi au Québec. En France Cyril Mokaiesh avec un titre et une posture aussi navrante que Communiste est nommé au prix Constantin. On ne résiste pas à vous livrer un exemple typique des errances Françaises : « Mais qui profite, de ses villas là, à Abiza c’est fantastique, un bain de minuit dans le capital, pendant que t’as mal aux Assedic, et moi, j’suis communiste ». Nous sommes finalement trop appliqués à apparaître lettrés pour nous détacher des mots. Karkwa aime les métaphores, les envolées et n’a pas peur d’oser la poésie. Le rock n’a pas à être qu’énervé dans la manière de tenir le drapeau et si l’intellect y est possible, une donne que nous oublions est le goût du risque. Comme un dealer de cocaïne en Colombie, un proxénète à St Petersbourg,un chirurgien plastique des fesses au Brésil nous sommes contraints par la fatalité du destin. Nous nous devons de placer la réalité comme une norme définitive. Heureusement qu’il reste des rebelles qui ont compris l’importance du non-sens tel que les Montgomery, Petit fantôme ou encore Non Stop pour assumer le bonnet d’âne des chevaliers des arts et des lettres. Paf on aimerait bien naturaliser les Karkwa pour qu’ils puissent devenir nos plombiers Polonais des chiffres et des lettres.

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En concert le Jeudi 27 Octobre au Minotaure - 18h30 - 20€

LE DAHU



Paf on n’oublie pas qu’un morceau d’Edith Piaf se cache dans la BO de la Haine.

La notion de clan et de fratrie est souvent plus présente dans le hip-hop qu’en chanson. Question de style vestimentaire déjà. C’est plus facile de se checker et de montrer l’appartenance à votre gang quand une chaîne en diamants orne votre buste. Avec une chevalière et un veston en velours côtelé, vous imposez certes le respect dans les cours de récréation mais ce ne sont que les 4ème4 qui ont peur de se prendre une punition. On revient toujours au problème des CSP et de l’inégalité des chances. On ne nait pas tous sous la même étoile titrait I am dans les années 90. Aussi simpliste qu’est cette conclusion elle n’en est pas moins réelle. La division est évidemment plus complexe qu’une simple situation spatiale : tu peux être de bonne famille et vouloir être beatmaker (il n’y a qu’à demander au fils de notre président) ou être né rive gauche et vouloir pervertir la chanson par un hymne aux loubards de l’époque (Renaud peut ainsi être considéré comme le premier rappeur de France quoi qu’en diront les puristes, les vestes en cuir remplaçaient uniquement le crocodile). Le collectif du Dahu n’a pas du se poser toutes ces questions. Réunion de famille d’une certaine vision de la chanson à texte : les Jp Nataf, Bastien Lallemant, Holden, Bertrand Belin (malheureusement absent sur cette journée), Albin de la Simone et Pascal Parisot ne sont pas un crew à proprement parler. Je ne suis pas certain qu’ils fassent des signes avec leurs doigts avant de monter sur scène et n’ont pas pour objectif de monter une marque de sweet à capuche avec leur initiales. Après ils peuvent s’encanailler et prouver aux bien pensants que l’on peut arpenter une scène avec une écharpe et déclamer des refrains chantés sans auto-tunes. Les mots n’ont pas une qu’une prose définie et la chanson n’a pas à être uniquement psychanalyste. Paf on a aussi le droit de représenter même lorsqu’on lit Serge plutôt que Radikal.

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En concert le Jeudi 27 octobre au Minotaure - 18h30 - 20€

THE DO



Paf, les grandes leçons de la vie sont toujours apprises en maternelle.

On apprend de ses erreurs. Nos grand parents aiment sortir ce genre de phrases. D’abord ils nous parlent de la guerre. Pour bien nous faire comprendre que nous sommes une génération de planqués, pour qui les pommes de terre ne servent qu’à faire des frites (ou des potatoes à la limite). Un de leur enseignement est de ne pas juger sur la première impression. C’est ce que le conte du vilain petit canard nous rabâche. Jamais nous n’oserions comparer un des deux membres fondateurs de The Do à un vilain petit oisillon (d’une car sur des critères bassement physiques cela est complètement faux des 2 côtés et de deux car nous ne voudrions pas nous battre avec une armée de fans), mais leur premier album ne nous avait pas emballé. Un tube imparable, parfait et puis pas grand chose. Un live en trio qui déclinait au fur et à mesure qu’on les croisait sur la route des festivals. Il y avait un je ne sais quoi qui clochait. N’étaient-ils qu’une sensation aspirant à une tournée Ricard et Virgin 17 ? On les repère vite pourtant ceux là en général. Ils sont placardés partout à partir des festivals d’hiver. Pour nous rassurer sur l’été qui arrivera fatalement et permettra à notre cerveau de se mettre en berne. Ne réfléchissez pas trop, les labels vous dictent ce qu’il faut écouter à la plage. Les The Do n’ont pas été vendus de la sorte mais il y a eu un malentendu de notre part. Leur première pochette baignait dans une lumière cristalline, il n’en fallait pas plus pour instaurer la méfiance. Le second album est de nuit, le groupe pose dans un marécage et est sorti à la fin de l’hiver et non à la faveur de l’automne. Le cycle a changé, c’est la revanche des vilains canards qui infiltrent désormais les ondes pour proposer une pop fouineuse, qui expérimente et ne cherche pas à nous faire attendre les beaux jours. Dominique A a écrit cette année « it’s the end of the summer, l’été se meurt » pour un artiste bichonné, et il ne pouvait être plus juste. The Do est désormais un groupe d’hiver et cela tombe bien vous ne venez pas aux Rockomotives en tongs. Paf, un voile sombre a terni leur beauté plastique et leur musique n’en est que sublimé.

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En concert le Jeudi 27 Octobre au Minotaure - 18h30 - 20€

JOHN CALE



Paf nous sommes contre les idées-reçues.

Nous commençons à avoir une certaine habitude au festival d’accueillir des légendes au théâtre. Nous ne jouons pas les blasés (quoi que l’on se demande comment pourrait être un diner avec un des programmateur de Glastonburry « cherche pas j’ai tout fait, ») mais les faits sont là. Ces dernières années sont passés dans nos murs Suzanne Vega , les Tindersticks, tout sauf les arnaques du siècle dernier. Nous ne nous transformons pas pour autant comme des conservateurs de musées. Tous ces choix ont été fait sciemment. Il est possible d’avoir de la bouteille et d’être encore imaginatif. Je ne dirai pas que cela conserve car il y a un moment ou il est bon d’arrêter (je ne me serai pas risqué à aller voir Henri Salvador sur sa dernière tournée, bien qu’il se soit ménagé toute sa vie) mais l’on vieillit mieux quand le cerveau est en perpétuel ébullition. Cette année vous aurez le droit à John Cale soit la moitié fondatrice du Velvet Underground et sage femme du punk dans les années 70. Il ne fut pas toujours très sage, mais a toujours tracé sa route comme il la souhaitait. On ne les fait pas rentrer dans le rang aussi facilement les Gallois. Et si les excès ont parcouru son chemin (vous en connaissez beaucoup en même temps des gens qui ont eu une carrière de nonnes durant plus de 50 ans ? La vie c’est pas comme dans Sister act. Les sorties de route des Blues Brothers sont plus fréquentes), les remises en question n’ont été que toujours bénéfiques. A l’heure ou l’on sait pertinemment que la génération qui ne pense qu’à s’amuser avec des toupies Bey Blade peut oublier le mots mots congés payés et retraite mérité, nous aimons leur montrer l’exemple de personnes qui elles eux aussi sont productifs à l’aube du troisième âge. Paf nous sommes contre les dates de péremption créatrice et accueillons avec bonheur le retour de ce grand Monsieur sur le label Domino.

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En concert le Lundi 31 Octobre au Théâtre du Minotaure - 20h - 19€

MEIN SOHN WILLIAM



Paf on sait aussi se monter très calculateur.

Dans la vie d’un festival, il y a parfois des annulations. Des pour lesquels on n’y peut rien. Puis on doit combiner la tristesse d’organisateur de voir un de ses choix s’envoler et la joie d’un musicien d’être le sixième homme. Cette métaphore aux traits de basket-ball renvoie à l’homme du banc. Celui qui est présent pour remplacer la défaillance d’un des membres du cinq majeur. Les grandes équipes sont celles qui disposent de cette arme fatale. Nous avons malheureusement appris au cours du mois d’aout la défection des Américains de La Dispute. Nous ne pouvons leur en vouloir, ils ont accepté une tournée Américaine en compagnie de Thrice et Mouving Mountains. Nous ne sommes que frustrés suite à l’écoute de leur album à paraître « Wildlife ». Leur programmation devait se faire en position à terre. C’est à dire, le groupe joue sur ses appuis, face public. Ils ne sont pas surélevés. Pour ceux qui ne suivent pas, c’est comme une stripteaseuse qui ne serait pas jonchée sur des talons compensés et un podium. Elle se trémousse devant vous à même le sol. Leur remplacement avait donc contrainte technique et contrainte sonore. Ou plutôt intensité. Nous voulions un groupe qui puisse faire front au public. Là, ou nous sommes de grands filous, c’est que l’on a choisi un one-man-band pour remplir cette mission. A l’agence tout risque du rock’n’roll, nous aimons ce genre de grands malades, qui ne disposent que de leur folie pour arme. Celle de Mein Sohn William n’est pas naïve, et ce Rennais arrive à jongler entre émotion pure et sur-jeu azimuthé. Il tente, boucle, hurle, chante merveilleusement bien, souhaite nous tordre le cou puis nous faire hurler de rire. Homme d’expérimentations, il nous prouve minutes après minutes que son bordel apparent ne l’est que pour les cerveaux trop bien rangés. La musique n’a pas à tenir sur un fil, et c’est ce genre d’équilibriste qu’il nous manquait pour délivrer le coup de fouet parfait pour cette soirée. Paf, nous accueillons celui qui sera dans bon nombre de 5 majeur d’évènements musicaux cette saison avec son album à paraître chez Ici d’ailleurs début 2012.

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En concert le Samedi 29 Octobre au Minotaure - 18h30 - 20€

ICONACLASS



Paf nous aimons souffler le très chaud et le très rigolo.

Pour une fois nous allons parler en Je. Vous vendre ce Mc qu’est Dälek comme un merveilleux ambianceur de soirées. Oui, je parle bien de cet Américain qui est un des seuls à pratiquer un hip-hop qui peut accompagner Jesus, Isis ou les Dillinger Escape Plan en tournées. Alors comment ce massif gaillard qui nous met la trouillomètre au maximum lors d’un show et est un des seuls à savoir aussi bien manier l’oppression musicale peut être perçu comme un gai-luron ? Tout simplement car si tous les clowns sont tristes (bon après il y en a qui sont aussi juste simplets, il n’y a qu’à constater le niveau d’humour de l’ensemble des comiques chargés des matinales à la radio), les Mcs dépressifs peuvent être de bons vivants. Il faut dédramatiser le poids de sa performance. Il a quelque années j’ai donc terminé une soirée en sa compagnie. Il ne doit pas s’en rappeler et à vrai dire cela n’a rien à voir avec la fin de l’histoire. Avec Okctopus son DJ et Subtitle qui l’accompagnait, l’after ne fut que marrades, danses sur des chansons idiotes, bref que du fun. Un instant j’ai même cru apercevoir la réincarnation en version black de Winnie l’Ourson. Un mec drôle, toujours là pour ses amis et pour qui tout va bien du moment qu’il peut pratiquer son art. Si Winnie est plus porté sur le miel, Dälek lui se contente d’ambiances lourdes, de mélange de drone, d’indus et de flows acides et engagés. Son hip-hop fut toujours ouvert à de nombreuses influences, le décorum est là pour accompagner ses engagements radicaux. Son nouveau projet IconAclass poursuit ce combat et cette quête (d’absolu dans l’engagement pas dans la recherche de miel), alors Paf nous avons bien hâte de nous faire malmener sur scène afin de mieux laisser échapper la pression en fin de soirée.

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En concert le Samedi 29 Septembre au Minotaure - 18h30 - 20€

BONNIE PRINCE BILLY



Paf, la barbe est bien plus qu’un accessoire.

Depuis quelques années, le folk est de retour en grâce. Par là je veux dire, les personnes au pouvoir d’achat conséquent pour la musique (c’est à dire les adolescents qui mettent 80% de leur argent de poche là dedans, les 20% restants sont pour masquer leur fort odeur corporel) placent leurs espoirs dans ces adorateurs de la guitare en bois. Tout est histoire de cycles, alors préparez vous au retour de la cold-wave sous peu. Ce qui séduit est certainement un retour à la nature, aux valeurs simples quand le monde de la finance des méchants pas beaux en costumes s’effondre. Le salut de ces jeunes proviendrait d’habits en chanvres. Là ou le bat blesse, c’est que désormais les jeunes coqs essaient de se faire pousser la barbe pour ressembler à leurs idoles. Et si lorsque la mode est au hip-hop le port d’un baggy poche matière fécale et casquette de New-York pour représenter son quartier du Loir et Cher est visuellement défendable, le folk peut devenir néfaste au développement d’un jeune. La barbe cela pousse difficilement à 14 ans. Alors il y en a qui sont en avance, et désormais leur pilosité trop développé devient un atout dans la course au style. Pour les jeunes demoiselles, les cerveaux du marketing ont inventé un nouveau style : le hippie-chic. Oui vous ne rêvez pas, nous avons une telle image de notre jeunesse que nous sommes persuadés qu’ils ne peuvent s’apercevoir que des valeurs originelles de paix et d’amour sont antinomiques avec des codes barres auréolés d’un prix à 3 chiffres. Le monde de la musique a évidemment suivi cette mode du navrant et toute une tripotée de groupes dits hippie-chic sont apparus pour contenter la dictature de la mode qui est notre nom de code. A notre manière, nous essayons de nous battre contre ces guignols et vous proposons un un maître à penser du genre. Will Oldham ne doit pas passer 2 heures le matin à se demander quelle tenue hippie-chic va t-il revêtir pour parader. Il ne doit pas passer de peigne spécial poils faciaux dans sa barbe pour le faire resplendir. Sans partenariat vestimentaire et avec un no-look tout sauf travaillé, il est celui qui nous a toujours ému dans ses orientations. Probablement car il n’a pas commencé la guitare pour uniquement draguer au coin d’un feu. Paf, la barbe peut être un bel accessoire pour véhiculer des émotions.

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En concert le Samedi 29 Octobre à la Chapelle St Jacques - 15h - 15€

ENVY

Paf, les débats sur la nouvelle restauration rapide sont ouverts.

Les sushis sont à la mode. Je vous rassure Vendôme n’y a pas encore succombé, nous tentons de devenir la ville avec le plus grand nombre de kebabs au mètre carrés. Ce n’est pas évident car Carhaix explose les statistiques durant les Vielles Charrues. Nous restons une modeste ville de taille moyenne qui n’en a que faire des innovations culinaires des métropoles. Pas que nous aimons le gras plus que d’autres (bien que le pâte de tête n’est pas conseillé dans un régime), nous sommes seulement un peu plus réfractaire que d’autres au changement. Dans la tête de certains cela s’apparente à des convictions arriéristes. Il n’y a qu’à lire les commentaires sur le Facebook du tourneur Français des Envy lors de l’annonce de la tournée. « Pourquoi Vendôme, je n’y vais que pour la communion de ma petite cousine », « autant les faire jouer dans la grange de mon grand once René à Trifouilly » bla bla bla… Autant d’arguments hautement réfléchis de la part de frustrés mélomanes qui pour une fois étaient privés de leur rasade quotidien de quasi-exclusivité nationale. Et oui, Vendôme avec ses petits bras résistent à l’hégémonie culturelle et offre une autre vision de la diffusion. Les musiques actuelles ne sont qu’une partie de l’engagement de la cité dans celle-ci. On a même pas envie de se justifier sur la pertinence de notre présence sur le futur dos des tee-shirts de tournée d’Envy (ah on me signale que dans le metal seuls les groupes d’Heavy pratiquent cette forme calendaire de marketing). Cela faisait des années que l’on souhaitait les inviter. Tout simplement car leur screamo qui a dérivé vers un post-rock bouillant sur fond de spoken-word nous a toujours émerveillé. Il n’y a qu’à voir l’influence qu’ils ont eu sur les scènes pré-citées depuis 10 ans pour s’en convaincre. Nous n’accueillons pas tous les jours des maîtres d’un genre, de plus nous savions qu’il n’y aurait pas de demande de sushis sur leur rider, ils doivent en avoir assez à la maison. C’est comme un alsacien qui viendrait manger une choucroute en Provence. Paf on laisse cette coquetterie à Lou Reed qui aurait expressément demandé des mets au poisson cru cet été dans le plus grand festival de kebabs de France.

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En concert le Samedi 29 Octobre au Minotaure - 18h30 - 20€

ANNA AARON



Paf nous aimons les conseils de nos confrères étrangers.

Qu’est-ce donc que la Fédération Deconcert ! ? Ce n’est pas tout d’abord une ligue secrète de nageurs clandestins si vous ne vous fiez qu’à son logo. Nous avons plutôt affaire à une bande de potes qui évoque leurs problèmes respectifs autour d’une table. Non pour dénigrer ce qu’il se fait chez les voisins, mais plutôt pour vanter ce qui marche chez soi. Oui, finalement le concept révolutionnaire de cette fédération est de préférer parler de ses amours plutôt que de ses néfastes coucheries d’un soir. Nous ne sommes pas non plus une troupe d’évangélistes louant le ciel d’amener des groupes providentiels. Car s’il y a bien un sujet qui rassemble tous ces festivals, c’est le choix des artistes. Enfin, je veux dire les groupes que tout le monde souhaite défendre (pour ceux permettant de remplir votre site, là dessus les données sont parfois plus de l’ordre de la logique que de la passion. La combinaison des deux est simple par chez nous avec une jauge maximale de 1 200 personnes) : les groupes dits en développement. Selon la définition que nous ne sommes pas censés avouer, ce sont les groupes qui devraient conquérir une audience large au vue de leur qualité musicale. Mais le monde musical n’est pas aussi idyllique que celui de Candy et trop souvent des méchants gagnent. La fédération a donc crée un dispositif : Hot Tracks For Hot Spots. Chaque festival livre ses coups de cœur, les défend et espère que ses poulains seront largement diffusés. Car comme le chantait Tonton David (qui n’est pas dans la sélection de cette année), le For Noise en Suisse a fait passer le message à son voisin de la pépite qu’était Anna Aaron. La place est plus que méritée pour cette jeune Bâloise qui pratique un folk-blues rocailleux, entourée de lignes de piano qui s’échappent vers une nouvelle contrée rock à l’impudeur bienvenue. Accueillir une jeune musicienne venant d’un pays ou l’on parle 4 langues différentes est la meilleure image pour traiter de l’ouverture des frontières musicales que nos manifestations doivent avoir. Paf on soutient à notre manière le combat de Manu Chao pour une terre sans papiers.

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En concert le Samedi 22 Octobre à la Chapelle St Jacques - entrée libre - 18h/2h

YANN TIERSEN

Paf on aime bien les nouveaux départs.

Logiquement si tu as du succès en étant à la base un musicien dit indépendant (c’est à dire pas acoquiné tout de suite avec un contrat te liant pieds et cerveau avec une maison à fabriquer l’ancêtre du MP3), après tu es censé te conforter là dedans, écrire pour des stars en vogue et attendre ton relevé Sacem plus que le pointage Pôle Emploi. Puis il y a les fortes têtes. Ceux qu’on a pas envie d’emmerder et qui tracent leur route libre. Sean Penn a tiré un film navrant de cette notion d’exil libertaire « Into the Wild » mais cela partait forcément mal. Comment voulez-vous traiter de ce sujet quand le compositeur de votre BO est Eddie Vedder de Pearl Jam (ou le groupe qui se dit dégagé de toute pression commerciale quand ils saigneraient fans et mères pour sortir un Jeremy 2) ? Yann Tiersen lui aurait pu tout faire. Signer à la pelle de jolies mélodies pour stars en manque d’inspiration suite aux succès de ses diverses bandes originales. C’est marrant, on va nous traiter de mal lunés mais j’ai toujours préféré Tabarly à la Poulain. Question de caractère. Il y en a une qui subit sa vie quand l’autre la sublime. Il m’est d’avis que ce Yann Tiersen est à ranger dans la seconde catégorie. Tout du moins ses mélodies nous aident à cela. Alors si certains veulent venir pour faire valser leurs comparses, ils sont les bienvenus mais le lifting est réel. Yann Tiersen et son équipe de musiciens naviguent vers des cieux plus électriques ou la notion de subtile est toujours primordiale. Sa musique quelle que soit son orientation restera toujours celle d’un grand sensible, alors paf on a envie de voir la mue d’un homme, c’est aussi beau qu’un papillon qui prend son envol.

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En concert le Samedi 29 Octobre au Minotaure - 18h30 - 20€